Quatre idées pour améliorer le lycée

Publié le par Charles Lemercier

♦ ©lci.tf1.fr - Des propositions et des idées après mon observation et mon expérience personnelle du Lycée

Sortir du lycée permet d'apporter un regard sur son expérience et de soulever les questions d'organisation qu'elles soient scolaires ou écologiques. 

Valoriser les langues

Dans un emploi du temps de terminale ES, on ne compte que deux heures d'anglais et d'espagnol, soit autant que le sport. Le temps est compté, la préparation est centrée principalement vers la réussite des épreuves du baccalauréat en dépit des études supérieures. Il est certain que des notions étudiées seront utiles. Des thèmes comme « idée de progrès » ou « lieux et formes de pouvoir » invitent à réfléchir sur des problèmes actuels. Certains d'entre eux comme l'immigration sont vus chaque année – sur trois ans – , et sonnent comme une ritournelle bien qu'ils soient importants. Néanmoins, une diversification s'impose. Dans la filière ES, pourquoi ne pas relier une partie des programmes de langue avec la matière essentielle que sont les sciences économiques et sociales et son actualité. Je pense par exemple à l'économie britannique avec une éventuelle étude de cas sur la City et les Docklands. Les élections et enjeux politiques majeurs comme le Brexit pourraient être abordés pour quelques minutes en début d'heure : qu'est-ce que Podemos ? Comment fonctionne le régime parlementaire britannique ? L'anglais est souvent cité comme l'élément indispensable pour réussir dans la vie active, notamment dans le secteur tertiaire. Voir la mondialisation c'est bien, s'y intégrer, c'est mieux !

Comprendre, décrypter, s'ouvrir

Sur le modèle des sciences sociales et politiques, une des options en terminale ES, une heure par semaine pourrait être consacrée à enrichir la culture générale des lycéens. Cette « matière » permettrait d'affiner la compréhension de l'actualité et de la société qui nous entoure. Je l'imagine, à la différence des sciences politiques, davantage comme un moment d'échange que de cours à proprement parler. En effet, cette heure inviterait au débat, à l'écoute. L'ouverture d'esprit primerait sur la prise de note récitée en devoir. Le concept peut faire penser à la philosophie, or les théories et leurs auteurs renvoient à l'apprentissage traditionnel. Les élèves peuvent présenter un oral sur l'actualité de la semaine précédente, sur laquelle peut débuter l'échange. L'ensemble forge une culture générale solide. Elle est utile pour les devoirs (SES, etc.), et indispensable pour les sélections vers les études supérieures.

Un temps pour tout

Cette « revendication » peut paraître scolaire, mais les lycéens ont besoin de temps. Les échanges linguistiques, notamment avec nos voisins allemands, nous rappellent leur après-midi « libre ». L'organisation des journées et la planification des matières paraissent souvent mauvaises. Il ne faudrait pas terminer plus d'une à deux fois par semaine à 18 heures. Au-delà de la fatigue – légitime –, ce temps est précieux pour travailler (avant de manger). En hiver, « partir de nuit pour rentrer de nuit, c'est usant », rapporte Alan, un terminale S prenant les transports scolaires. Repos, repas, divertissement ou information, lectures, devoirs, révisions : un mélange très hétérogène après une journée débutée vers huit heures. L'efficacité et la motivation n'en découlent pas. L'attention en cours également, « pourquoi ne pas faire des cours de 45 minutes comme en Allemagne ? La durée moyenne d'attention d'un élève est de 30 minutes », relève une enseignante.

Renforcer les consignes écologiques

Quelques observations suffisent à tirer la sonnette d'alarme. La consommation d'énergie est exorbitante. Les ordinateurs restent constamment (ou presque) en veille lorsqu'ils ne sont pas utilisés. Leur nombre important fait gonfler la note d'électricité. La vigilance doit être de mise et la sensibilisation consolidée. Toujours dans la consommation d'électricité, l'usage de la lumière est excessif. Il n'est pas rare de voir les rideaux fermés ou baissés. De la même manière, le tandem chauffage et fenêtre ouverte fonctionne parfaitement. « A l'internat, certains chauffages fonctionnent inutilement, on ne peut pas les arrêter car ils sont cassés », rapporte Guénolé, lui aussi en terminale S. Des gestes simples sont à adopter, ils ont un impact démesuré. Ensuite, le gaspillage en papier est phénoménal. Le nombre de photocopies est énorme. Difficile de faire sans, mais un usage modéré et réfléchit permettrait de faire baisser ce coût à l'établissement, chiffré à plusieurs milliers d'euros par an. Facile à écrire, dira-t-on, mais l'oubli du manuel est parfois suivi d'une dizaine de photocopies. Dommage. Enfin, le gaspillage est aussi alimentaire, et comme l'ensemble des détails soulevés précédemment, il n'est pas propre aux établissements scolaires. La loi du député mayennais Guillaume Garot (PS) pour lutter contre celui-ci est une étape importante. A l'échelle des lycéens, le gaspillage observé reste conséquent. Certains prennent une assiette en sachant qu'ils ne la mangeront pas. L'effort doit venir, là encore, des mentalités.

    Publié dans Idées - Humeur

    Commenter cet article