Les clichés à la benne !

Publié le par Charles Lemercier

"Paris leur dit merci" : Campagne de la mairie de Paris pour mettre en lumière ces travailleurs essentiels mais oubliés.

L'image a fait le tour des médias. Les envoyés spéciaux étaient de la partie. Les poubelles – si affreuses, âcres et ostensibles – sont restées garées devant le café de Flore. Paris comme Saint-Étienne et d'autres villes de France ont été balayé par la grève des éboueurs. L'indignation visuelle s'est suivie d'une vive incompréhension puisque les agents se sont pas concernés par la loi visant à modifier le code du travail. L'image de la capitale est un peu plus noircie à l'aune de l'Euro de football. Ce qui m'intéresse dans ce mouvement, c'est de sentir l'importance d'un métier transparent dans la société. Oubliés et moqués, les éboueurs en grève font parler d'eux en gênant les Parisiens et les touristes. Leur cas n'importe pas, après tout, pourquoi se soucierait-on des éboueurs ?

Ce n'est pas un hasard si mon logiciel de traitement de texte souligne en rouge le terme « ripeur ». Vu comme un sous-métier dans notre société, les ripeurs – dois-je le rappeler – permettent par leur courage d'avoir des villes propres et donc agréables à vivre. Un métier difficile et physique, « je me levais à quatre heures du matin », raconte un ancien ripeur de Vallet (Loire-Atlantique) pour qui la tournée était un plaisir. Le sentiment d'être utile dans l'organisation de la vie quotidienne passe au-dessus des clichés. Dans Les Français, le documentaire de Laurent Delahousse, une équipe d'éboueurs racontait ce quotidien : « Parfois, les gens se bouchent le nez à côté de nous. » Le père de famille suivi au fil des épisodes souhaitait faire changer l'image de la profession. De la même manière, la mairie de Paris a lancé en début d'année la campagne « Paris leur dit merci », destinée à nous ouvrir les yeux. Les agents municipaux méritent, en effet, notre reconnaissance et au moins le respect du à chaque citoyen. L'Association Collectif Ripeurs a également vu le jour avec comme slogan choc : « l'avenir appartient aux gens qui se lèvent tôt, sauf aux éboueurs. » Derrière la montagne de déchets peinte par les médias, il y a des femmes et des hommes. Merci à eux.

Publié dans Idées - Humeur

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Bedouine 21/06/2016 17:44

Si la solidarité a été exprimée aux policiers, il manquait des témoignages de reconnaissance aux ripeurs, qui nous aident au quotidien sans jamais demander leur reste. Les victimes des grèves, ce sont eux...

Charles Lemercier 21/06/2016 18:24

D'où ma volonté de les mettre en valeur !