Le chiffre de la semaine : 191 700

Publié le par Charles Lemercier

Les signes favorables dans l’économie française sont de plus en plus visibles. Le dernier en date est la création d’emplois marchands. Ce sont les effets de la politique favorable aux entreprises entamée par le gouvernement en 2014.

©Charles Lemercier - Le travail intérimaire a grimpé de 11,8% en 2016.

©Charles Lemercier - Le travail intérimaire a grimpé de 11,8% en 2016.

Le marché de l’emploi en France retrouve un dynamisme d’avant crise. En 2016, 191 700 emplois marchands (hors fonction publique et emplois aidés) ont été créés selon les chiffres publiés par l’Insee vendredi 10 février. La création d’emploi n’avait pas été aussi florissante depuis 2007, soit un an avant la crise mondiale. « Seuls » 99 000 emplois avaient été créés en 2015. La tendance de reprise sur le long terme est palpable. En 2012, 2013 et 2014, à défaut d’en créer, la France en avait détruit. Il faut noter que le chiffre en question est un solde net, il prend en compte les destructions de postes de la même année.

La hausse des créations de postes marchands est encourageante dans la lutte contre le chômage puisqu’elle est supérieure à celle de la population active (+ 126 000). L’année 2016 avait fait sortir 107 400 personnes (– 3%) du chômage en catégorie A, en métropole. Le bilan est plus mitigé dans les autres catégories de Pôle emploi. Le recours à la formation explique la hausse de 24,6% des demandeurs d’emploi en catégorie D.

Les 191 700 emplois créés résultent principalement d’une montée en flèche du travail intérimaire (+ 11,8%) qui atteint les 654 100 postes. C’est là encore le retour à un niveau d’avant crise. L’emploi marchand augmente de 0,8% seulement lorsqu’on ne comptabilise pas l’intérim. Ce type d’emploi est dit atypique. Il est précaire à l’instar des contrats à durée déterminée ou encore des emplois à temps partiel. Si l’intérim bat son plein, l’industrie et la construction plongent respectivement de 0,7% et de 0,4%. 28 900 emplois y ont été détruits, la majorité (23 200) dans l’industrie.

La politique de l’offre porte (enfin) ses fruits

L’inversion de la courbe du chômage confirmée par trois mois de baisses successives à l’automne 2016 était le premier signal des effets tant attendus de la politique de l’emploi menée par le gouvernement. Las, François Hollande a annoncé depuis sa renonciation. Pourtant, le pacte de responsabilité, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et la prime à l’embauche sont les mesures destinées aux entreprises qui sont à l’origine des résultats encourageants. Myriam El Khomri, ministre du Travail, a commenté dans un communiqué : « Le soutien aux entreprises a permis à celles-ci de retrouver des marges qui leur permettent d’investir de façon très dynamique et de recréer de l’emploi à un rythme que nous n’avions pas connu depuis neuf ans. » Les choix de 2014 dans lesquels une partie de la gauche ne s’est pas reconnue ne donnent leurs effets qu’à la fin de quinquennat. Cette politique et le temps d’attente pour en percevoir les premiers effets auront été préjudiciables pour le courant social-réformiste, laissant François Hollande à un seul mandat et donnant – en partie – à Manuel Valls une défaite dans la primaire de la gauche. L’économie aura eu raison de la communication hâtive sur l’emploi. Une année n’aura pas suffi pour inverser la courbe du chômage comme l’avait promis le président. La Tribune (13/02/2017) rapporte que 540 000 emplois ont été créés depuis 2012. Dans le même temps, 550 000 chômeurs sont apparus en catégorie A. La hausse de la population active n’a pas permis à chacun de revenir à l’emploi. En outre, le taux de croissance du PIB (Produit intérieur brut, le volume global de production) est resté inférieur à 1% sur une large partie du quinquennat.

                                                                      

 

 

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