ALTER ECO, une entreprise qui se responsabilise

Publié le par Charles Lemercier

ALTER ECO, une entreprise qui se responsabilise

Vous êtes certainement adeptes des marques Milka, Lindt, Kinder, Ferrero pour les produits chocolatés, vous achetez assurément du sucre Saint-Louis ou Béghien-Say. Voici Alter Eco, une entreprise qui s'engage, elle se décrit en deux mots : bio et équitable.

Tout commence en 1998, Tristan Lecompte a la judicieuse ambition de créer une boutique à Paris qui fait travailler des personnes en réinsertion, dans la vente de produits issus du commerce équitable. Il connaît d'abord deux échecs expliqués par la méconnaissance de ce commerce humain et particulier chez le grand public. Le fondateur du groupe s'entretient avec de nombreuses coopératives, la marque prend le tournant de la transparence, des organisations de producteurs aux consommateurs. Sur chaque packaging est représenté l'AlterEcomètre, un indicateur réalisé pour sensibiliser le consommateur sur la portée de son achat : le nombre de familles bénéficiaires, l'empreinte carbone... La marque grandit et gagne la confiance de Monoprix et Cora qui vont commercialiser la gamme d'Alter Eco. Une gamme composée de chocolat, de sucre, de cafés, de jus de fruits ou encore de riz et évidemment éco-responsable. En 2010, Alter Eco soutenait 40 coopératives situées dans 25 pays différents, et collabore avec près de 150.000 petits producteurs. Le bandeau rouge et orange s'est imposé dans plus de 4.000 points de vente en France et la distribution dépasse même les frontières de l'hexagone, puisque la marque est présente en Europe et en Amérique du Nord. Depuis 2013, la PME appartient au groupe Distriborg qui possède également Bjorg, tout aussi bio. Leur visée est double et se précise : il faut limiter l'impact écologique et aider les exploitations familiales.

Le cacao, l'exemple phare

En effet, les agriculteurs doivent faire face aux insectes, à l'érosion et à une moindre fertilité des sols car ils utilisent des traitements chimiques comme des insecticides, des fertilisants ou des fongicides pour pallier à ces problèmes. Aussi, la nécessité de cultiver de nouvelles terres pour les marchés émergents toujours plus nombreux et donc toujours plus « gourmands » en chocolat, sucre et café a entraîné la déforestation de nouvelles terres en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie, un phénomène aggravant le réchauffement climatique. D'où l'intervention de la compagnie Acopagro, la coopérative tête d'affiche d'Alter Eco a mis en place main dans la main avec ses producteurs des techniques naturelles de culture. Cette culture qui a par ailleurs remplacé en partie celle de la coca, les exploitations de cacao elles sont licites et viables. Les efforts remarquables de la marque « bio et équitable » ont été récompensés par le label Produit Compensé Carbone. Ainsi, l'empreinte en dioxyde de carbone liée à l'activité d'Alter Eco serait de 158 grammes pour 100 grammes de cacao récoltés. Le label récompense aussi les projets de reforestation et de préservation de la forêt telle que la forêt amazonienne. Conacado est une des 40 coopératives, celle-ci est basée en République Dominicaine, elle a été créée en 1988 et compte près de 8.000 producteurs. Elle a financé la formation des producteurs à l'agriculture biologique, l’amélioration de la qualité du cacao, ou encore l'accès à l'eau potable.

Le second engagement est de promouvoir et soutenir l'agriculture familiale, ainsi que de valoriser les savoirs-faire traditionnels. L'AlterEcomètre nous informe par exemple sur le dos d'une tablette que les revenus versés aux producteurs par la marque sont supérieurs de 66% à ceux versés par le marché conventionnel. Ceux versés aux coopératives, essentiels à la production de l'or brun, seraient supérieurs de 741% à ceux versés par le marché conventionnel. Cet écart ahurissant montre l'importance de se tourner vers des entreprises humaines, ce qui justifie le prix du produit. Les chiffres varient selon le produit évidemment. Dans ses récentes publicités, Alter Eco disait reverser 19% de revenus en plus aux agriculteurs. C'est la comparaison entre le prix moyen payé à la coopérative Acopagro et le cours moyen du cacao en 2013. Ces publicités mettent en scène des producteurs passionnés comme Vicente, directement rattachés à une coopérative, ici Acopagro au Pérou, récolant le « produit sacré » : les fèves de cacao, le tout sous un sifflet chaleureux. Pour Alter Eco, le commerce équitable « doit dépasser la simple notion d'échange à un prix juste ». Elle ajoute sur l'emballage qui enferme ces merveilleuses tablettes brunes, qu'elle souhaite « défendre une agriculture qui se développe en harmonie avec le milieu naturel et sa préservation ». La certification d'une production durable et des revenus équitablement répartis sont devenus de réels arguments de vente auxquels les consommateurs portent de plus en plus attention. En 2013, le marché du commerce équitable représentait 429 millions d'euros en France, c'est 3,5 fois plus élevé qu'en 2009. Preuve de la prise de conscience grandissante des Français pour des causes majeures.

Une entreprise n'a pas toujours que le profit en tête, à l'heure où les dirigeants du monde tentent de limiter leurs concessions et ne semblent pas tous prêts à faire des efforts, des entreprises exemples comme Alter Eco, qui offrent des produits d'une extrême qualité, se battent pour des valeurs, avant tout. A l'approche des fêtes comme le reste de l'année, consommer ces produits devient un engagement.

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