« Devenir jockey »

Publié le par Charles Lemercier

Le métier difficile de jockey est un rêve pour beaucoup de jeunes passionnés, Mathieu Maignan fait partie de ceux qui vont tenter de le devenir.

« Ma passion des courses vient de mon père ». Depuis longtemps, la famille Maignan arpente les différents hippodromes de l’Ouest avec toujours la même ferveur. « Il possède également des poulinières », souligne Mathieu. C’est ainsi que sa passion s’est développée au fil des ans.

Parmi les différentes disciplines, le trot et en particulier le trot monté a attiré l’attention de Mathieu Maignan, non seulement car ses parents ont cette même préférence mais aussi car cette discipline est « vraiment belle à voir, la vitesse, la proximité avec la tête du cheval, ça donne vraiment envie ». Avec le brevet des collèges en poche, le jeune Vitréen se lance avec lucidité au centre de formation des apprentis jockeys à Laval. Ce Bac Professionnel de Conduite et Gestion de l’Entreprise Hippique (CGEH) permet de former en 3 ans les futurs jockeys et drivers. Ce choix peu commun est compris de ses amis, bien que ce monde soit étranger à beaucoup de jeunes. Son apprentissage se fait chez Didier Dauverné, installé à Méral (Mayenne). L’entraîneur reconnu portant les couleurs jaune et verte a notamment entraîné Quito Kébir, Royale Kaisy ou actuellement le bon Umberto de Nacre. Le cheval de cœur de Mathieu sans aucun doute. Par ailleurs, Mathieu Maignan passait déjà du temps chez Didier et a pris plaisir à monter des trotteurs, « on perçoit ce que le cheval ressent, comme de la peur par exemple ». Ce choix de vie ne plaît en revanche pas à ses parents qui connaissent les difficultés d’un tel métier, « ils ont du mal à l’accepter ». Mathieu en a bien conscience mais va tenter de vivre son rêve à fond. La jument qu’il aurait rêvé de monter est Roxane Griff, jamais une jument n’a récolté autant de gains avec un compte en banque chiffré à plus de 3 millions d’euros de gains. La championne de Sébastien Guarato détient deux Prix de Cornulier à son palmarès. C’est l’équivalent du Prix d’Amérique au trot monté. Cette course mythique est l’objectif ultime de chaque apprenti jockey monté reconnaît Mathieu.

« Forcément, j’ai peur de ne pas réussir mais je me dis que si je suis une « bique » je changerai de voie tout en restant dans les chevaux », conscient de la possibilité d’échouer, et reprenant un terme familier de son entourage pour l’exprimer, Mathieu est un « mordu » et a vocation à rester dans les chevaux quoi qu’il se passe. « Je surveille déjà mon poids », lance-t-il.

Concernant le monde des courses actuelles qu’il assiste en tant que spectateur, « les courses le matin (N.D.L.R. réunions méridionales d’environ 11h30 à 15h30), c’est une grosse erreur, les gens ne vont plus aux courses, mes parents et moi y compris ». Mathieu évoque également la razzia des concurrents étrangers sur nos terres, « c’est dommage pour les entraîneurs français ».

Enfin, Mathieu Maignan évoque ses souvenirs, le plus heureux est une victoire. Celle de la jument de ses parents Troïka de Coquerie portant les couleurs de Didier Dauverné. Elle s’était par exemple imposée à Fougères en 2012 sous la clameur des Maignan. Le souvenir tant marquant que triste de Mathieu est la mort du « Lion d’argent » Chriseti sur l’hippodrome de Craon en 2013 (Victoire en 2011 : http://www.youtube.com/watch?v=KfuFCDUKiYw) après les 6.000 mètres d’efforts dans le Grand Cross.

Excellente carrière et bon courage dans cette formation !

Publié dans Hippisme, Interviews

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