Vous avez dit « combat du siècle » ?

Publié le par Charles Lemercier

Le quart de finale qui opposait le meilleur joueur du monde, Novak Djokovic, au meilleur joueur de tous les temps à Roland-Garros, Rafael Nadal, a tourné court. Ou plutôt, plus rapide que ce que l'on espérait tant l'affiche était grande. Le Serbe s'est débarrassé d'un Espagnol, un ton en-dessous. La finale avant l'heure, tant promise, n'a malheureusement pas eu lieu.

Rafael Nadal débutait ce match avec l'écrasante statistique d'une défaite pour 70 victoires dans son jardin Porte d'Auteuil. Le "compteur négatif" s'agrandit et ce, dès les quarts de finale. Les deux joueurs n'ont pas eu d’embûches jusque là. Novak Djokovic peut maintenant rêver du dernier Grand Chelem qui lui manque puisque seul le joueur de Maracor lui brisait ce rêve chaque année. Les supporteurs du monde entier attendaient une grande rencontre, c'est légitime. Le match se solde en trois sets, pas quatre voire cinq comme lors de l'épique demi-finale disputée deux ans auparavant. Pas de tie-break, ni même quatre heures de jeu pour combler les fans. Certes, il y eu des coups d'éclat - et heureusement -, à l'image des deux lobs consécutifs à 3-0 dans le premier set. C'est le point du match ! Cette parenthèse ne suffit pas à faire d'un duel attendu, une partie qui marquera les mémoires. Au final, le Serbe a imposé son jeu et son style à Nadal qui s'est souvent montré fautif. Tant de coups sont partis loin des lignes...

Pas le vrai visage de Nadal

Le numéro un mondial est parti sur les chapeaux de roue. Il enchaîne quatre jeux de suite pour commencer. On se demande ce qu'il se passe du côté de Rafa. La révolte a pourtant sonné pour conduire à quatre débreaks consécutifs. Ce seul moment de domination de Rafa sur le match s'est vite fait oublié. Djokovic a aussitôt conclu un jeu blanc pour prendre l'ascendant (5-4). Là où il y avait match, c'était pour avoir un jeu, lorsqu'il y avait égalité, puis avantage et à nouveau égalité etc. D'abord pour l'Espagnol après 12 minutes, pour revenir à cinq jeux partout. Match également à 6-5 pour le gain du set, après cinq balles de set sauvées, la sixième était la bonne pour le Serbe. Les efforts fournis par l'Espagnol pour égaliser n'auront pas payé. 1h07 de "combat, c'était le plus plaisant. Notons que l'échange le plus long était de 21 coups.

La seconde manche a été disputée puisque chacun a pris son service. Rafael Nadal a commis beaucoup de fautes. Il sauve toutefois deux balles de set, puis, sur un service volée monstrueux, avec un toucher de balle somptueux, Djoko s'offre une balle de set. Il lève le poing et se retourne sous l'acclamation du "Chatrier". Il prend le set 6-3 sur le point suivant. Le dernier set était à sens unique pour Novak Djokovic. 33 minutes seulement ont suffi pour éteindre tout espoir de grand match et surtout la possibilité de soulever pour la dixième fois la Coupe des Mousquetaires - si tant est qu'il parvienne à se hisser en finale -. Comme un symbole, c'est sur une double-faute que Rafael Nadal sort du tournoi. C'était également le cas les années précédentes mais le gagnant (ou le perdant) n'était pas le même. Peut-être, Nadal a-t-il laissé trop d'énergie au premier set ?

Djoko en roue libre

La baisse de forme de Nadal ou la domination de Djokovic ? L'explication vient peut-être de la constance du Serbe tout au long de la partie. Il a débuté les trois manches de très forte manière, 4-0 infligé dans le premier set. Même chose dans le troisième et dernier set. L'Espagnol était sous pression et se devait sans cesse de revenir au score. Un scénario répétitif, voire lassant. Ce dernier courait beaucoup, sauvait toutes les balles qu'il pouvait. Une chose marquante, la suprématie de Novak était complète, dans tous les domaines : deux fois plus de coups gagnants, moins de fautes directes, une réussite écrasante au filet... Il n'y avait pas de solutions miracles pour le joueur de Manacor. Le doute s'est vite dissipé quant à connaître le gagnant. Le tableau des scores a affiché jusqu'à 5-1 dans la troisième manche. Même, le Serbe avait trois balles de match sur le service adverse. On a bel et bien vu le patron du circuit ATP.

Au désespoir des mordus de la balle jaune, nous n'avons pas eu LE grand duel tant promis et annoncé. Les quelques beaux points peuvent légèrement consoler. Novak Djokovic efface la concurrence et propose une démonstration à Rafael Nadal, pourtant « chez lui ». Joyeux anniversaire Rafa...

Publié dans Sport

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