Merci pour tout Gaël !

Publié le par Charles Lemercier

ROLAND-GARROS. Gaël Monfils, la coqueluche des Français, a été éliminé ce lundi. Il nous aura fait vibrer, comme d'habitude. Retour sur le parcours de l'ancien numéro 7 mondial, désormais quatorzième. 

Une mise en route timide

Dans ce premier tour, Gaël Monfils rencontre un autre français : Édouard Roger-Vasselin. Christophe, le père de ce dernier disait avec humour : « une chose est sûre, c'est mon fils qui va gagner ». Ce n'est malheureusement pas pour lui son fils qui s'est imposé. « La Monf » a maîtrisé le premier set 6-2 avant d'empocher un cinglant 6-1 en seulement 23 minutes. Il est emmené au tie-break dans la troisième manche. Sur un revers complètement dévissé, il offre un set à son compatriote Edouard Roger-Vasselin. La partie est relancée. 

Il s'est fait peur pour l'obtention du match, débreaké à deux reprises, même à 5-4. Monfils conclut par deux jeux pour entrer victorieusement dans la compétition avec cette dernière manche 7-5. Un match joué en quatre sets et une durée de jeu qui excède 2 heures. Gaël Monfils est en rodage.

Un test pour continuer à avancer

Mercredi 27 mai, Gaël Monfils a rencontré sur sa route le valeureux Diego Schartzman. L'argentin de 22 ans n'est « que » 62ème mondial mais a sorti le grand jeu face au Parisien. Le premier set est en faveur du jeune argentin. Ce dernier se déplace très vite, et joue vraiment intelligemment. Gaël égalise sur le même score 6-4. Le français est capable du meilleur comme du pire : sur un ace, comme dans un élan de facilité, l'argentin prend le troisième set. Monfils réalise un quatrième set bref (6-2) pour s'offrir une chance de briguer la partie dans un cinquième et dernier mouvement. L'argentin, encore un peu "vert" dans ces grands rendez-vous, a failli petit à petit. Peut-être tendre pour jouer plus de trois sets en Grand Chelem. Il sera à suivre ces prochaines années, sans aucun doute. L'occasion pour Gaël Monfils d'en profiter et de dérouler sous le beau temps et sur le « Chatrier ». Les enfants venus en grand nombre ce mercredi scandaient - criaient - « Gaël ». Il conclut sous les cris la partie par un ace. Le chouchou du public boucle ce match en 2h49, sa 100ème victoire sur terre battue.

Du pur Gaël 

Pour pouvoir rejoindre les huitièmes de finale, il faut passer "l'obstacle" du redouté Pablo Cuevas. Le premier set reflète les inquiétudes que l'on pouvait avoir au sujet de l’Uruguayen. 6-4 pour Cuevas. La seconde manche est très accrochée, Gaël est dans la difficulté depuis le début ou presque, il va finalement le remporter au tie-break. Un set difficilement négocié par "La Monf" puisqu'il a multiplié les double-fautes. Monfils, dans la difficulté et faisant même pâle figure va même chuter - heureusement sans gravité - contre un panneau publicitaire. Le troisième set se dispute à sens unique (toujours) pour Cuevas et le tableau d'affichage indique un score de 6 jeux à 3. A cet instant, le Français a fait appel au kiné. Le court Suzanne Lenglen se réveille alors et pousse de plus en plus fort pour le Parisien. La partie continue sur le même tempo, Cuevas réalise un cavalier seul, il mène jusqu'à 4 jeux à 1. Après 4 balles de break très longues, le joueur tricolore revient enfin à 2 longueurs. « La Monf » insiste pour revenir à 4-3.

Soudain, une ola démarre dans le public. Il adore, et pousse encore. L'alternance est en marche. Pablo Cuevas multiplie les fautes directes sous la pression. Le public est debout à 4-4, il exulte et scande le prénom du Français. Son clan est déchaîné. Monfils passe devant, 5-4. Incroyable, quand on pense que l'Uruguayen menait 4-1. Sur le service du 23ème joueur mondial, Gaël Monfils se paye le luxe d'avoir 3 balles de set. Il l'empoche 6-4. L'ambiance est à son paroxysme avec La Marseillaise qui résonne sur le court. Dans le dernier set, Gaël débute de manière fébrile, et perd son service. La tendance s'inverse rapidement et une il enchaîne sur un jeu blanc pour mener 4-1. Cuevas semble disparaître du court.

Il est 20h40 à cet instant, les supporteurs arrivent massivement suite à la victoire de Jo-Wilfried Tsonga. Rien de mieux pour donner de l'énergie positive au Français. Quand il marque un point, il fixe son clan d'un regard serein, débordant de confiance. Jean Gachassin, Président de la Fédération Française de Tennis (FFT), ne tient plus. Il est debout. Gaël régale son public. Pour preuve : un amorti splendide à 5-2. Mission accomplie, Gaël Monfils s'impose 6-3 dans le cinquième set. Fantastique.

Au revoir Gaël !

Jour pluvieux, jour heureux ? On peut dire à demi-mots que cette journée pluvieuse sur les courts de Roland Garros est bénéfique à Gaël Monfilsn, dans son élément lorsque les matches terminent tard, notamment sur le court central. Ce troisième tour l'oppose à un gros morceau, un Suisse, le bien nommé Federer. Le numéro 2 mondial est au-dessus des débats dans le premier set qu'il remporte sur un jeu blanc. Mais ce soir-là, Gaël pousse à la faute son adversaire. L'Helvète mène toutefois deux jeux à rien. Le Français surprend même le public sur un « coût amorti » : il a trop attendu pour frapper coup droit, il sort finalement un amorti venu d'un endroit que seul "La Monf" a connaissance. Ce sacré Gaël fait ensuite le spectacle au filet, puis lobe son adversaire sur le point suivant. En plus de régaler, il s'avère être efficace. Pour se donner une balle de set, il envoie un missile de coup droit, flashé à 164km/h. Il égalise une manche partout (6-4) avec un cri plein de rage et d'envie. La nuit force les deux cadors à se retirer. Le public en voulait encore plus et pour une fois à 20h30, l'environnement était encore bien garni. Gaël Monfils s'en va en remerciant son public.

Le lendemain, les deux joueurs se retrouvent. L'atmosphère est tout autre puisqu'il fait beau sur Paris. Un nouveau match commence, et Gaël n'a pas pris pour habitude de bien les commencer. Il se fait breaker d'entrée. Le Suisse ne le laissera pas revenir, 6-4. Puis, un dernier set 6-1 pour conclure et permettre à Roger Federer de jouer un 44ème quart de finale en Grand Chelem. Gaël, quart de finaliste l'an passé n'ira pas aussi loin pour sa dixième participation au tournoi. Il expliquera dans l'après-midi qu'il était malade. Notre déception ne peut être que plus forte. Mais le sportif reste fair-play et n'enlève rien à la victoire du Suisse en affirmant que ce n'est pas une excuse.

Gaël Monfils aura tout de même satisfait un public déjà acquis à sa cause. Il s'arrête malheureusement trop tôt. Qu'elle semble loin sa demi-finale de 2008 ! Parce qu'il est fantasque, parce qu'il a régalé dans son jeu, parce qu'il a ambiancé les courts, juste merci Gaël !

Publié dans Sport

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