À la fin, c'est Paris qui gagne...

Publié le par Charles L.

Le Paris Saint-Germain a parfois failli, n'a pas toujours donné l'impression de dominer, mais emporte tout de même quatre titres nationaux, avec le Trophée des Champions, un record. Marseille puis de Lyon ont donné l'illusion de repousser le cinquième sacre parisien. Décryptage de ces longs mois de bataille avec une fin heureuse.

Pastore et Verratti au sommet

Deux joueurs ont marqué les esprits de l'exercice 2014/2015. Zlatan Ibrahimovic n'ayant pas réalisé sa meilleure saison, Marco Verratti et Javier Pastore se sont mis en avant. L'Italien de 22 ans a été déterminant dans l'entre-jeu parisien, ses statistiques sont impressionnantes. L'ancien milieu de Pescara est le joueur ayant réalisé le plus de passes (2909). Avec 94,6%, il a aussi réalisé le plus de passes réussies. Marco Verratti termine premier d'un autre classement, celui des cartons jaunes, c'est ça aussi Verratti... Notons qu'il a délivré 8 passes décisives. Son coéquipier Javier Pastore en a délivré 12, dont deux dès la première journée en Champagne. A cela s'ajoute 5 réalisations. On retiendra de lui ses plus beaux gestes. Souvenez-vous de l'arc-en-ciel à Metz. En plus d'être beaux, ils sont souvent efficaces. Il a, par ailleurs, été élu étoile d'or de la saison par L'Equipe avec une note moyenne de 6 environ. 

Des débuts poussifs

Malgré une statistique intéressante de 17 matches sans défaite, les points ne se sont pas engrangés rapidement pour le PSG en début de saison. A l'image du 2-2 lors de la première journée à Reims, où ils ont longtemps été menés et maladroits devant le but adverse. Puis, un 0-0 à Evian (3ème journée), où les Parisiens ont souffert sans Ibra. Pas de soucis à domicile, tout roule comme lors de l'affiche les opposant à Saint-Etienne avec pas moins de cinq buts inscrits.

Le PSG a ensuite été ralenti avec trois matches nuls consécutifs, cette fois-ci à Rennes (1-1). Dans le même temps, les Bordelais imposent un rythme soutenu en tête de championnat. Ensuite, les Parisiens ont (enfin) gagné à l'extérieur, c'était en Normandie sur le score de 0-2. Il n'aura fallu qu'une semaine et un second match consécutif hors de sa maison, pour ralentir la course au podium, avec un nouveau nul à Toulouse (1-1). A la huitième journée, le PSG pointait au pied du podium. Lyon auparavant puis Monaco sont allés chercher le point du nul au Parc des Princes sur le même score, celui de 1-1. La machine n'était pas encore bien huilée jusqu'à cette bonne série : Lens, Bordeaux et Lorient.

Dimanche 9 novembre, le clasico continuait d'éveiller les passionnés de football. L'OM qui caracolait en tête possédait 3 points d'avance avant le choc. Victorieux par 2 buts à 0, les Parisiens ont réduit l'écart avec son éternel rival pour revenir à un point. Paris enchaîne avec une victoire face au FC Metz, dans une partie âpre, puis chez lui, contre Nice. Alors qu'on les croyait lancés, les joueurs de Laurent Blanc ont appuyé sur la pédale de frein à Lille. Contre Nantes le week-end suivant, ils auront été poussé dans leurs retranchements mais s'en sortent par une victoire bienheureuse, avant de s'arrêter, pour la première fois de la saison. L'équipe qui n'en impose pas aux premiers abords a pourtant bien défait le champion en titre. Guingamp a fourni une grande performance, lors de la dix-huitième journée, autour de leur portier Danois Lossël.

La période sombre, propice aux doutes

Le coup d'arrêt du PSG s'est suivi d'un score vierge à Montpellier et d'une défaite qui a fait parler en Corse. Dans une partie houleuse, débutée par une banderole polémique des supporters corses (N.D.L.R : « Le Qatar finance le PSG...et le terrorisme », après les événements de janvier), le SC Bastia a infligé un 4-2 aux joueurs de la capitale (dont le plus beau but de la saison, signé Julian Palmieri). Cette moitié de saison est donc mitigée. La méthode Marcelo Bielsa conquit la cité phocéenne et permet à Marseille d'être champion d'automne. On attendait Paris plus fort, plus haut. Ces attentes, ont les a vues en Ligue des Champions. La victoire 3-2 face au FC Barcelone - souvenez-vous de l'image du Marquinhos rageur - restera un des plus beaux moments de la saison. Laurent Blanc devient la cible des critiques. La fin de saison lui donnera finalement raison, puisqu'il recevra le prix de meilleur entraîneur. Malgré des victoires à Saint-Étienne, puis Rennes. Paris butte à Lyon puis au Parc des Princes contre Caen dans un match chaotique. Rejoints dans la temps additionnel sur un coup franc de Hervé Bazile pour le 2-2, les Parisiens perdent des points en route. S'il n'y avait que ça... il faut ajouter quatre blessés avant le choc à Londres contre Chelsea ! Heureusement pour le football français, ils iront chercher la qualification en quarts. Le championnat est une autre priorité pour Paris. L'OL n'en a qu'une seule et file en tête. le début d'un mano à mano.

La course au titre

La dernière partie de saison se joue entre Paris, son successeur logique, et Lyon, dont la jeunesse talentueuse a pu rêver un long moment du titre. Son chef de file Alexandre Lacazette a planté par 27 fois. Nabil Fekir est la révélation de l'année. A la trêve, le champion en titre possédait 3 points de retard sur Marseille et un seul petit point sur Lyon. Après le 2-2 contre Caen (25ème journée), il y avait encore deux points d'écart avec Lyon. Les deux cadors se tiennent donc de près, avec toujours ce léger avantage pour Lyon. Il est drôle de constater qu'ils partagent les mêmes émotions : 27ème journée, l'OL était défait à Lille, Paris condédait le nul. La journée suivante, le PSG bat Lens 4-1 et l'OL étrille Montpellier 5-1. Même tendance à la 29ème journée où Lyon est ralentit à Marseille 0-0 lorsque Paris perd à Bordeaux.

Paris prend enfin la tête du championnat  à huit journées de son terme. Tout commence un vendredi, lors de la trentième journée où Paris bat Lorient, 3 buts à 1. Les Merlus n'avaient pourtant pas démérité mais ce précieux succès a fait monter la pression dans le Rhône. Le lendemain, Nice battait à la surprise le leader. Les Gones auraient pu la reprendre la journée suivante si Paris n'avait pas fait le forcing face à Marseille pour empocher un second clasico (2-3) de cet exercice. C'est à la J36 que tout s'est décanté lorsque les hommes de Hubert Fournier ont perdu à Caen 3-0 (!). La veille, le Paris Saint-Germain avait infligé un set 6-0 aux Guingampais - avec un goût de revanche sur l'aller -. A cet instant, il ne restait que deux rencontres à disputer, avec 6 points d'écart et 7 buts de différences. Il fallait un sans-faute pour les Lyonnais et deux défaites de Paris. Difficile avant le coup. Or, la victoire à Montpellier de Paris ne donnera aucune importance au résultat, anecdotique puisque l'OL et Bordeaux se sont quittés ce jour-là sur un nul. Paris est ainsi couronné pour la troisième fois d'affilée.

« Champion mon frère »

Lucas et Marquinhos peuvent le répéter, Paris est encore champion. Ce dernier match face à Reims permet à Edinson Cavani de peaufiner ses statistiques (18 buts) et permet à Zoumana Camara de disputer son dernier match, avec le brassard de capitaine. Thiago Silva le laissera même soulever l'Hexagone. L'émotion de « Papus » Camara est signifiante, Verratti a lui aussi été touché suite à l'ovation grandiose qui lui a été rendue. Zlatan Ibrahimovic termine par un « Vive la France ! », tout sourire. Sa sincérité peut être mise en doute, mais l'attaquant suédois a tout de même réalisé une saison honorable, alternant le bon et le moins bon. malgré sa blessure...Il a inscrit 19 buts dont 8 pénalties et a offert 6 passes décisives bien que critiqué pour son habitude à vouloir terminer seul les actions. Rappelons que ces données s'étalent sur 24 matches - seulement - et restent bonnes.

Les passionnés de ballon rond auront été gâtés. Le suspense aura longtemps duré et les rebondissements associés aux plus beaux buts marqueront cette saison comme un très bon cru. Du côté des coupes, la finale de la Coupe de la Ligue contre Bastia aura fait parler pour l'arbitrage. Une fois en supériorité numérique, Paris a déroulé (4-1). Pour la Coupe de France, les valeureux Auxerrois auront bien tout tenté, mais Cavani fera la différence de la tête. Et donc, à la fin c'est toujours Paris qui gagne...

Publié dans Sport

Commenter cet article